haïr

haïr [ 'air ] v. tr. <conjug. : 10>
• 1080; frq. °hatjan REM. Au Canada, [ ajir ] avec h muet : j'hais.
1Avoir (qqn) en haine. détester, exécrer, honnir. « Ils nous haïssent de toute la haine du domestique pour le maître, du petit pour le grand » (Gautier). Haïr le genre humain ( misanthropie) . Haïr qqn à mort. Par euphém. NE PAS HAÏR (qqn) :aimer. « L'amour qu'il a pour la comtesse, qui peut-être ne le hait pas » (Marivaux). « Va, je ne te hais point » (P. Corneille). Avec un compl. de cause Je le hais de m'avoir toujours trompé. « Elle le haïssait de ce qu'elle l'avait aimé » (R. Rolland). Absolt Aimer ou haïr. Je ne sais pas haïr.
2Avoir (qqch.) en haine. abhorrer. Haïr le vice, le péché, les plaisirs. Haïr la dictature, la contrainte, l'étude. Je hais cette façon de parler.
3Vx ou littér. HAÏR DE... Je hais d'être dérangé à chaque instant (cf. Avoir horreur de). « Je hais toujours de vous déplaire » (Mme de Sévigné).
♢ HAÏR QUE (et subj.). Je hais qu'on me contredise. Ne pas haïr que (et subj.) :tolérer; aimer bien. « Il ne hait pas qu'on l'admire; pour le reste, il ne s'occupe pas des autres » (Suarès).
4 ♦ SE HAÏR v. pron. réfl. Il déteste son crime, il se hait lui-même. Relig. Mépriser en soi la nature pécheresse. « La vraie et unique vertu est de se haïr » (Pascal).
Récipr. Ces deux hommes se haïssent cordialement. Pourquoi nous haïr ?
⊗ CONTR. Aimer. Adorer, chérir; entendre (s'). ⊗ HOM. Hais :es, est (1. être), ai (1. avoir).

haïr
v. tr.
d1./d éprouver de la haine pour (qqn). Haïr ses ennemis.
|| v. Pron. (réfl.). Il se hait lui-même de sa lâcheté. (Récipr.) Ces deux élèves se haïssent.
d2./d éprouver de l'aversion, du dégoût pour (qqch). Haïr le vice.

⇒HAÏR, verbe trans.
A. — 1. Qqn hait qqn. Avoir quelqu'un en haine. Synon. abhorrer, détester, exécrer; anton. aimer, adorer, chérir. Haïr cordialement, mortellement; haïr qqn à (la) mort. Après avoir aimé un être, on peut encore le haïr, ce qui est une autre forme d'aimer (ESTAUNIÉ, Empreinte, 1896, p. 322). Toi seule peux adoucir, par ton aveu, ce qui me fait te haïr (PROUST, Swann, 1913, p. 363). Il se méprisait, se haïssait dans sa détresse et dans sa honte, mais il ne pouvait, non! il ne pouvait se prendre en pitié (BERNANOS, Imposture, 1927, p. 376). On la haïssait et on la craignait. On savait qu'elle pouvait faire, ainsi protégée par la Kommandantur, beaucoup de bien et beaucoup de mal (VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p. 121) :
1. Je le lis [Barrès] toujours avec la même passion. Dans mes soliloques avec moi-même, je l'appelle mon vieil ennemi. Je hais et j'aime tout à la fois cet homme sans doute sincère, qui sûrement ne fut pas un homme vrai.
GUÉHENNO, Journal « Révol. », 1937, p. 64.
Par litote. Ne pas haïr. Ne pas être indifférent à. Mademoiselle Angélique Bontems a perdu sa sœur, la voilà fille unique, et nous savons qu'elle ne te hait pas (BALZAC, Double fam., 1830, p. 262).
Haïr qqn de, pour + subst. ou inf. Je finirai par vous haïr de votre art égoïste et perfide (STAËL, Lettr. L. de Narbonne, 1793, p. 164). Je me hais de m'arrêter à moitié de tous mes désirs, de les diminuer par mes hésitations (RIVIÈRE, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1906, p. 291). Je la haïssais pour avoir pris ma vie sans le savoir, pour ne rien me donner à la place qu'un fantôme (A. FRANCE, Vie fleur, 1922, p. 529) :
2. ... il les haïssait pour la grossièreté de leur âme, pour le sale assouvissement de leur instinct, pour la gaieté répugnante des vieux qui parlaient encore de ces immondes plaisirs.
MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Saut, 1882, p. 10.
2. Absol. Je suis et resterai incapable de haïr (GIDE, Journal, 1933, p. 1168). L'homme doit vivre seul. Aimer, c'est s'abdiquer. Haïr, c'est s'affirmer. Je suis, je vis, j'attaque, je détruis. Je pense, donc je contredis (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 274) :
3. Vous regardez monter cette double impuissance,
L'impuissance d'aimer et celle de haïr.
Vous regardez monter cette double licence,
La licence d'aimer et celle de trahir.
PÉGUY, Ève, 1913, p. 745.
B. — Qqn hait qqc. Avoir de l'aversion pour quelque chose. Synon. exécrer, fuir. Ce qu'il hait et craint, ce n'est pas d'être seul avec soi mais c'est d'être privé des impressions qui lui font sentir la vie (MAINE DE BIRAN, Journal, 1817, p. 74). Je hais le mensonge (COCTEAU, Par. terr., 1938, II, 1, p. 231).
Par litote. Ne pas haïr. Accepter, tolérer. Vous aimez à rire, et je suis forcé d'avouer que je ne hais pas la plaisanterie (BLOY, Journal, 1899, p. 323). Voilà, ma chère, presque tout mon discours à la femme sans corps dont je crains et ne hais point que vous soyez jalouse (VALÉRY, Variété II, 1929, p. 235) :
4. Non! je ne hais pas mon péché. J'aime encore mieux mon péché que mon âme, que mon repos, que mon salut et même que cette éternité en laquelle je ne peux croire.
DUHAMEL, Nuit St-Jean, 1935, p. 161.
Loc. Haïr qqn ou qqc. comme la peste, comme la mort. ,,Haïr extrêmement quelqu'un ou quelque chose`` (Ac.).
Prononc. et Orth. : [], (il) hait [], (nous) haïssons [] init. asp. Att. ds Ac. dep. 1694. Conjug. : il faut distinguer les 3 pers. du sing. du prés. de l'ind. et le sing. de l'impér. (je hais, tu hais, il hait, hais : [] avec 1 syll. et pas de tréma) du reste des temps et des pers. où le tréma est maintenu [-ai-]. Au passé simple et au subj. imp. on doit écrire haïmes, haïtes, haït sans accent circonflexe bien que d'apr. LITTRÉ plusieurs grammairiens disent que le tréma ne dispense pas de l'accent. Étymol. et Hist. 1. [Ca 1050 enhadir « prendre en haine » (Alexis, éd. Chr. Storey, 433)]; 2. a) ca 1100 häir « avoir quelqu'un en haine, vouloir du mal à quelqu'un » (Roland, éd. J. Bédier, 1244); ca 1160 haïr abs. (Enéas, 1925 ds T.-L.); b) ca 1165 « avoir de l'aversion, de la répulsion pour quelque chose » (B. DE STE-MAURE, Troie, 6082 ds T.-L. : häir orgueil). De l'a. b. frq. hatjan « haïr »; cf. a. h. all. hâzen, hazôn de même sens; m. h. all. hazzen, all. hassen « id. » et fin VIIIe s. dans les Gloses de Reichenau, éd. H.W. Klein et A. Labhardt, t. 1, p. 180 : o <disti> : hadisti. Le verbe oscillait, depuis le mil. du XIIe s. (ds T.-L.) entre les formes inchoatives et les formes simples; la conjugaison inchoative s'est généralisée au XVIe s. (cf. HUG.) et a été définitivement admise, au XVIIe s., sauf au sing. de l'ind. prés. et à la seconde pers. du sing. de l'impér. (cf. FOUCHÉ Morphol., p. 24, 29 et 30). Fréq. abs. littér. : 3 007. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 4 329, b) 3 523; XXe s. : a) 3 632, b) 5 019.
DÉR. Haïsseur, -euse, adj. et subst. (Celui) qui éprouve de la haine, de l'aversion (pour quelqu'un/quelque chose). Par nature, le Bourgeois est haïsseur et destructeur de Paradis (BLOY, Lieux communs, 1902, p. 178). La vue de ces jeunes haïsseurs d'aujourd'hui me paraît bornée. Rien ne vieillira plus vite que leur modernisme (GIDE, Journal, 1932, p. 1119). [] init. asp. 1res attest. a) [déb. XIIIe s. [ms.] hayor « celui qui hait, ennemi » (EZECHIEL, XVI, 27 ds R. LEVY, Recherches lexicographiques sur d'anc. textes français d'origine juive, p. 60)], ca 1245 haeres (PH. MOUSKET, Chron., 8405 ds T.-L.), b) 1566 haïsseur (RIVAUDEAU, A charles d'Aunis ds Œuvres poétiques, éd. C. Mourain de Sourdeval, p. 228); a du rad. de l'anc. verbe haïr (s.v. haïr), b du rad. du part. prés. de haïr, suff. -eur2.
BBG. — QUEM. DDL t. 6 (s.v. haïsseur).

haïr ['aiʀ] v. tr.
CONJUG. Je hais, tu hais, il hait, nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent; je haïssais; je haïs; je haïrai; je haïrais; hais, haïssons; que je haïsse, qu'il haïsse; qu'il haït; haïssant; haï.
ÉTYM. 1080; du francique hatjan, cf. all. hassen, angl. to hate.
1 Éprouver un sentiment de haine envers (qqn). Abhorrer, détester, exécrer, honnir, maudire; sentir, souffrir, voir (ne pas pouvoir voir); préf. mis-. || Haïr son ennemi (cit. 2), son rival (→ Endurer, cit. 11). || Il le jalouse au point de le haïr ( Envie, envier). || Se venger de ceux qu'on hait. || Haïr l'être qu'on a aimé (→ Aimer, cit. 14, 15 et 17; 1. bien, cit. 64; bienfait, cit. 4; éclater, cit. 20; ensorcellement, cit. 3; explication, cit. 8). || Haïr qqn à mort, mortellement, cordialement. || Misanthrope qui hait les hommes, son prochain, ses frères (→ Aimer, cit. 6 et 45; complaisant, cit. 1). || Haïr les étrangers, les hommes d'une nation. || On ne peut l'aimer (cit. 11), ni le haïr à demi. || Haïr les méchants (→ Excommunier, cit. 4). || Je hais cette engeance (cit. 3). || Être haï de tous. || Se faire haïr de tout le monde : se rendre odieux à tout le monde (→ Garde, cit. 44). Bête (noire). || « Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent » (cit. 6).
1 Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux (…)
Bible (Segond), Évangile selon saint Matthieu, V, 43.45.
2 Va, je ne te hais point.
Corneille, le Cid, III.
N. B. Déclaration euphémique de Chimène à Rodrigue, qu'elle aime.
3 Je crains notre victoire autant que notre perte.
Rome, si tu te plains que c'est là te trahir,
Fais-toi des ennemis que je puisse haïr.
Corneille, Horace, I, 1.
4 (…) je hais tous les hommes (…)
Molière, le Misanthrope, I, 1.
5 L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.
Racine, la Thébaïde, III, 6.
6 J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.
Racine, Phèdre, II, 5.
7 Les héros chez Quinault parlent bien autrement,
Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement.
Boileau, Satires, III.
8 Je ne vous aime point, monsieur; vous m'avez fait les maux qui pouvaient m'être les plus sensibles, à moi votre disciple et votre enthousiaste (…) c'est vous qui me ferez mourir en terre étrangère, privé de toutes les consolations des mourants (…) Je vous hais, enfin, puisque vous l'avez voulu; mais je vous hais en homme encore plus digne de vous aimer, si vous l'aviez voulu.
Rousseau, Dernière lettre à Voltaire, in les Confessions, X.
9 Dans le monde, disait M…, vous avez trois sortes d'amis : vos amis qui vous aiment, vos amis qui ne se soucient pas de vous, et vos amis qui vous haïssent.
Chamfort, Maximes, S. l'amitié, III.
10 Oh ! Quand on est haï, que vite on est méchant ! Je ne suis pas haï, ou du moins je m'inquiète peu de ceux qui me haïssent. Mais mon mal et mon crime, c'est de n'être pas aimé, de n'être pas aimé comme je voudrais l'être, comme j'aimerais l'être, aimant.
Sainte-Beuve, Correspondance, 143, 17 sept. 1830, t. I, p. 203.
11 Haïr quelqu'un, c'est s'en inquiéter autant que si on l'aimait; c'est le distinguer, l'isoler de la foule; c'est être dans un état violent à cause de lui; c'est y penser le jour et y rêver la nuit; c'est mordre son oreiller et grincer des dents en songeant qu'il existe; que fait-on de plus pour quelqu'un qu'on aime ?
Th. Gautier, Mlle de Maupin, VIII.
12 (…) ils ne cherchent qu'à nous prendre en faute, ils nous haïssent de toute la haine du domestique pour le maître, du petit pour le grand, de l'animal pour le cornac.
Th. Gautier, Souvenirs de théâtre…, Gavarni, II.
13 (…) on n'est jamais mieux haï que dans son propre art (…)
Hugo, Littérature et Philosophie mêlées, S. Mirabeau, II.
Au négatif. (Par euphém.). Aimer (→ aussi cit. 2).
14 (…) et vous croyez que (…) il aimera mieux m'épouser, moi qui lui suis indifférente, pendant qu'il a de l'amour pour la comtesse, qui peut-être ne le hait pas (…)
Marivaux, le Legs, I.
Avec un compl. de cause. Vx. || Haïr qqn de qqch., lui en vouloir à cause de…Avec de et l'inf. || Je le hais de m'avoir toujours trompé.Avec de ce que. || Il me hait de ce que…, à cause du fait que.
15 (…) si je suis contente de cette petite faveur de la fortune, je la hais bien d'ailleurs de me brouiller et de me déranger tous mes desseins.
Mme de Sévigné, 262, 6 avril 1672.
16 Au fond, elle le haïssait. Elle le haïssait de ce qu'elle l'avait aimé.
R. Rolland, l'Âme enchantée, t. II, p. 15.
Mod. || Haïr qqn pour, à cause de…
Absolt. || Les méchants envient et haïssent (→ Admirer, cit. 6). || Aimer (cit. 31) ou haïr (→ Exemple, cit. 19). || Je ne sais pas haïr (→ Aisément, cit. 4). || Peut-on haïr sans cesse ? (cit. 4).
17 Dire qu'on ne saurait haïr,
N'est-ce pas dire qu'on pardonne ?
Molière, Amphitryon, II, 6.
18 Vous qui savez aimer, vous devriez savoir haïr.
Musset, Lorenzaccio, III, 2.
19 Ils haïrent parce qu'ils aimaient trop.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., VIII, III.
20 Mon Dieu ! quelle haine dans sa voix ! Et ce regard restait fier, sans honte. On peut donc haïr sans honte ?
Bernanos, Journal d'un curé de campagne, p. 146.
2 (V. 1165). Avoir (qqch.) en haine. Abhorrer, détester. || Haïr le vice, le péché, le mal. || Haïr les plaisirs (→ Flatter, cit. 6), la flatterie (cit. 33). || Haïr un idéalisme paresseux et couard (cit. 3). || Haïr le pouvoir (→ Essentiel, cit. 2), la tyrannie, la dictature, la règle (→ Exécration, cit. 4), la contrainte, l'étude. || Je hais cette façon de parler (→ Enfariner, cit. 3), cette minutie, ces compilations pédantesques (→ Fait, cit. 18). || « Je hais comme la mort l'état de plagiaire » (cit. Musset). || Haïr une chose comme la peste. Fuir. — ☑ Loc. Je ne hais rien tant que ces manières, ces contorsions (cit. 3). || Je hais le mouvement (→ Déplacer, cit. 1).
21 Qui ne hait en soi son amour-propre, et cet instinct qui le porte à se faire Dieu, est bien aveuglé.
Pascal, Pensées, VII, 492.
22 Que j'ai toujours haï les pensers du vulgaire !
La Fontaine, Fables, VIII, 26.
23 (…) je hais et méprise les fausses nouvelles.
Mme de Sévigné, 272, 4 mai 1672.
24 (…) elles (ces dames vertueuses) étaient toutes si laides, qu'il faut être un saint pour ne pas haïr la vertu.
Montesquieu, Lettres persanes, LV.
25 Vous me demanderez si j'aime ma patrie.
Oui; j'aime fort aussi l'Espagne et la Turquie (…)
Mais je hais les cités, les pavés et les bornes.
Tout ce qui porte l'homme à se mettre en troupeau.
A. de Musset, Premières poésies, « La coupe et les lèvres », Dédic.
26 Il (Danton) n'était pas assez pur pour haïr le mal.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., XII, I.
27 (…) Je hais les choses éternelles,
Elles sont sans pitié, l'implacable est en elles.
Hugo, les Années funestes, XXIX.
28 (…) cette caricature grossière, cette charge médiocre de la vie chrétienne, j'avais feint d'y voir une représentation authentique pour avoir le droit de la haïr. Il faut oser regarder en face ce que l'on hait.
F. Mauriac, le Nœud de vipères, XX.
Littér. (Par euphém.). || Ne pas haïr : aimer assez. || Il ne hait pas le bon vin. || Je ne hais pas une pointe d'ail dans la salade (on dit couramment ne pas détester). || Si vous aimez sa manière, je ne la hais pas non plus (→ Bannir, cit. 16). || Je ne hais pas l'outrance en art (→ Excès, cit. 8).
29 La bonne dame ne haïssait pas le vin d'Espagne.
Hamilton, Mémoires du comte de Gramont, IX.
29.1 — Tu vois, j'haïrais pas ça m'encabaner durant une tempête avec une pinte de p'tit blanc et une couple de jeunes Indiennes.
Jean-Yves Soucy, Un dieu chasseur, p. 199.
3 Avec un compl. à l'infinitif, désignant le fait, l'action qui inspire de la répugnance. Vx. || Haïr à… || « Tel, qui hait à se voir peint en de faux portraits » (Boileau, Épître IX).Par euphém. || Ne pas haïr à… Répugner.
30 Je hais mortellement à vous parler de tout cela (…)
Mme de Sévigné, 831, 14 juil. 1680.
31 (…) de petits défauts (…) dont nous ne haïssons pas à être raillés (…)
La Bruyère, les Caractères, V, 55.
Vx ou littér. || Haïr de… || Je hais d'être dérangé à chaque instant. Horreur (avoir).Par euphém. (plus cour.). || Il aime le bon vin et ne hait pas, à l'occasion, d'être un peu gris, il lui est assez agréable de…REM. Littré n'admet la tournure haïr de… qu'avec une négation. On en trouve, cependant, de nombreux exemples à la forme affirmative, même à l'époque classique.
32 (…) je hais d'écrire à tout le reste du monde.
Mme de Sévigné, 665, 20 octobre 1677.
33 (…) je hais toujours de vous déplaire.
Mme de Sévigné, À Mme de Grignan (Lettre de date incertaine).
34 Je vous avoue que, si je n'étais pas canusi (ancien prêtre du Japon), je ne haïrais pas d'être quekar (quaker).
Voltaire, Dialogues, XVI, L'Indien et le Japonais.
Haïr que… (et le subj.). Avoir horreur que… || Il ne hait pas que… : il aime assez que…; il y prend plutôt plaisir.
35 (…) je hais toujours que les hommes aient mal au derrière (…)
Mme de Sévigné, 589, 16 oct. 1676.
36 Je hais qu'on joute à qui sera le plus féroce (…)
Hugo, l'Année terrible, mai 1871, VI.
37 Il ne hait pas qu'on l'admire, pour le reste, il ne s'occupe pas des autres.
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », VII.
——————
se haïr v. pron.
1 (Réfl.). || « Il déteste son crime, il se hait lui-même » (Académie). Relig. Mépriser en soi la nature pécheresse (→ Exciter, cit. 23).
38 La vraie et unique vertu est donc de se haïr, car on est haïssable par sa concupiscence, et de chercher un être véritablement aimable, pour l'aimer.
Pascal, Pensées, VII, 485.
Se haïr de… (et l'inf.). Se reprocher vivement de…
39 Je me hais de te voir ainsi mésestimée.
T'aimant si dignement j'aime ta renommée.
Mathurin Régnier, Élégies, II.
40 Je ne l'ai point encore vue; je m'en hais.
Mme de Sévigné, 358 in Pl., 1er janv. 1674.
2 (Récipr.). || Ces deux hommes se haïssent cordialement (cit. 3). Entre-haïr (s'). || Pourquoi nous haïr ? (→ Frontière, cit. 1).
41 Tous les hommes se haïssent naturellement l'un l'autre.
Pascal, Pensées, VII, 451.
42 Ce n'est donc plus aux hommes que je m'adresse; c'est à toi, Dieu de tous les êtres (…) Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger (…)
Voltaire, Traité sur la tolérance, XXIII, Prière à Dieu.
43 Les hommes sont forcés de se haïr pour se dévorer, et c'est un grand désavantage qu'ils ont là par rapport aux animaux, lesquels s'entre-mangent avec fureur, mais sans haine.
Valéry, Mélange, p. 77.
——————
haï, haïe p. p. adj.
|| Un dictateur haï.Un vice haï.
CONTR. Aimer. — Adorer, affectionner, bénir, chérir. — Entendre (s').
DÉR. et COMP. Haine, haïssable, haïsseur. Entre-haïr (s').

Encyclopédie Universelle. 2012.

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